« Period. End of Sentence », le docu à voir sur le tabou des règles en Inde

Photo – Netflix documentary Screen Shot @France 24

Lauréat de l’Oscar du meilleur court-métrage documentaire en 2019, Les règles de notre liberté – Period. End of Sentence – se penche sur les tabous qui persistent autour des menstruations en Inde.

« I cannot believe a film about menstruation just won an Oscar » – « Je ne peux pas croire qu’un film sur les règles ait pu gagner un Oscar « .

Voici un extrait du discours de Rayka Zehtabchi, la réalisatrice irano-américaine de 25 ans, le soir des Oscars 2019. Encore aujourd’hui, ses mots sont autant de raisons pour continuer de parler de ce sujet, trop souvent oublié ou déconsidéré. 

Les règles de notre liberté

De quoi parle ce documentaire ? D’une durée de 26 minutes et toujours diffusé sur Netflix, ce docu nous emmène dans le petit village de Kathikhera, près de Delhi, où un groupe de femmes lutte contre la stigmatisation et le patriarcat pour lancer une usine locale de fabrication de serviettes hygiéniques lavables et réutilisables. Avec une bonne dose d’humour et une grande clarté, ce documentaire nous aide à comprendre l’ampleur du problème, du tabou et de cette gêne qui entourent encore les règles dans de nombreux pays du Sud mais aussi dans des pays plus développés. 

Pour mieux comprendre l’importance de briser ce tabou, voici quelques chiffres et informations clés : 

♦  En moyenne, une femme a ses règles pendant environ 7 ans au cours de sa vie. (Oui, vous avez bien lu !)

♦  Dans le monde, 2,3 milliards de personnes n’ont pas accès à des services d’assainissement de base et, dans les pays les moins développés, 27 % seulement de la population disposent d’une installation de lavage des mains avec eau et savon à la maison. La gestion des règles à la maison est un défi majeur pour les femmes et les adolescentes qui n’ont pas accès à ces installations basiques chez elles.

♦  Une mauvaise hygiène menstruelle peut poser des risques pour la santé physique et a été associée à des infections de l’appareil reproducteur et des voies urinaires. Beaucoup de jeunes filles et de femmes ont des options limitées d’accès à des protections hygiéniques abordables. L’accès à des installations privées avec de l’eau et du matériel menstruel peu coûteux et plus sûr pourrait réduire ces maladies urogénitales.

♦  Beaucoup de jeunes filles n’ont pas une compréhension complète et précise de la menstruation comme processus biologique normal. La sensibilisation des filles avant leurs premières règles – et, surtout, des garçons – pendant les menstruations renforce leur confiance en elles, contribue à la solidarité sociale et encourage des habitudes de vie plus saines. Des informations qui devraient être accessibles bien plus souvent à la maison et à l’école.

Par ailleurs, le fait d’avoir plus de mal à gérer leurs règles chez elles, et d’autant plus à l’extérieur, engendre un autre problème majeur et pourtant souvent négligé : ces jeunes filles se retrouvent souvent dans l’obligation de manquer l’école pour pouvoir rester à la maison pendant leurs règles.

Dignity for Her, un rapport publié en 2015 par Dasra, une fondation basée à Mumbai, et par la Bank of America, révèle que « les jeunes filles ont tendance à manquer l’école six jours par mois en moyenne en raison de leur incapacité à gérer leurs règles à l’école. Cette situation contribue finalement à atteindre un taux de 23 % d’abandon de l’école pendant la puberté, compromettant gravement leur potentiel en tant qu’individus et futures femmes actives ».

The Pad Project

The Pad Project est l’organisme à but non lucratif à l’origine de la réalisation de ce documentaire et de cette magnifique et inspirante histoire. Ils ont récolté les premiers fonds pour acheter la toute première machine que l’on voit dans le documentaire et poursuivent maintenant leurs efforts de collecte de fonds pour acheter de plus en plus de machines pour d’autres villages en Inde, toujours dans l’espoir de mettre fin à cette stigmatisation encore trop forte qui entourent les règles.

Voici quelques articles pour aller plus loin : 

Le tabou des règles dans le monde par Madame Le Figaro

Reporterre : les règles, source d’exclusion des femmes et jeunes filles 


A travers ces Stories, Azickia vise à mettre en avant des initiatives à impact social, en France et dans le monde, et cela sans adhérer pour autant à toutes les opinions et actions mises en place par celles-ci. Il est et restera dans l’ADN d’Azickia de lutter contre toute forme de discrimination et de promouvoir l’égalité pour tous.