Progrès et Innovation : Pour Qui, Pour Quoi ?

iphone et nature
@photo by Samuel Schwendener

L’innovation n’est pas toujours synonyme de progrès. Encore faut-il aussi s’entendre sur une signification du progrès…

En 1942, Alan Turing, mathématicien prodige, pionnier de l’informatique mais aussi de l’intelligence artificielle, décrypte les codes de la fameuse machine allemande Enigma grâce à sa propre invention, considérée aujourd’hui comme le tout premier ordinateur. On estime que celui-ci aurait permis de réduire la seconde guerre mondiale de près de 2 ans et d’épargner ainsi des millions de vies.

En 2000, les premiers Smartphones font leur apparition et précèdent la sortie du premier Iphone en 2007. Aujourd’hui, le premier geste du matin pour près d’un français sur deux est de regarder leur Smartphone. Moi y compris.

Que s’est-il passé pendant la nuit ? Qu’est ce que j’ai manqué ? Qui a pensé à moi ?

Mais l’Iphone, avant de devenir un réflexe du quotidien, un appareil scotché à notre main, nous suivant jusque dans les toilettes, est une représentation actuelle de ce que l’on appelle « progrès ». Car l’Iphone, mais aussi beaucoup d’autres de nos outils informatiques du quotidien, c’est avant tout une capacité unique. Pour aller droit au but, voici un exemple très parlant : un Iphone est 100 000 fois plus puissant (en termes de puissance de calcul) que l’ordinateur qui servit à lancer Apollo 11 en 1969. Une avancée donc plutôt conséquente en l’espace de 50 ans…

Mais Pour Quoi ?

Une telle capacité n’est-elle aujourd’hui plus vouée qu’à éloigner l’homme de ce qu’il est et de ceux qu’il aime ? L’éloigner de sa curiosité, de son imagination, de son originalité ? L’éloigner de la nature, dont il est finalement le produit ? Ne devrait-elle pas nous permettre, au contraire, de nous en rapprocher plus facilement ? De nous satisfaire, plutôt que de nous rendre frustrés, envieux et pris au piège dans une réalité qui n’existe en fait pas vraiment, à part sur nos écrans ?

Si les premiers progrès informatiques ont réellement permis de se rapprocher des autres, par une communication et des échanges facilités, ils semblent aujourd’hui avoir dépassé leur utilité première… Pour ne plus nous laisser que 140 caractères pour nous exprimer ou des vidéos (appelés histoires) de seulement quelques secondes pour montrer qui nous sommes et ce que nous valons…

La tendance commence à s’inverser lentement, par un retour à une conscience écologique et un besoin de plus en plus urgent pour l’homme de retourner à ses sources, notamment pour les plus jeunes générations. D’après une étude récente de Harris Interactive, 72% des Français indiquent « avoir accru leur intérêt pour les enjeux écologiques au cours des derniers mois, une prise de conscience d’autant plus élevée parmi les plus jeunes générations (89% chez les 18-24 ans, 80% chez les 25-34 ans).»

Pourtant, au delà d’un changement de nos habitudes quotidiennes, nécessaires dans nos sociétés occidentales, un changement durable plus global passera aussi par une prise de conscience de ce dont l’homme est réellement capable. De ses capacités d’innover pour le bien, pour le notre mais aussi et surtout pour celui des autres.

L’innovation sociale positive

Comme décrit dans la mission de notre fonds de dotation Azickia, l’innovation sociale ou innovation positive peut être définie ainsi : « l’innovation sociale apporte des réponses nouvelles à des besoins sociaux mal ou peu satisfaits dans tous les secteurs : alimentation, mobilité, énergie, habitat, environnement, santé… Portée par différents acteurs, elle apporte des solutions efficaces à des enjeux complexes auxquels ni l’Etat, ni le marché ne peuvent répondre seuls. »

En France, de nombreux exemples existent, prouvant que nous sommes capables d’innover autrement, pour un but autre que le renforcement de notre narcissisme.


Un changement durable plus global passera aussi par une prise de conscience de ce dont l’homme est réellement capable. De ses capacités d’innover pour le bien, pour le notre mais aussi et surtout pour celui des autres.

 

Un des pionniers de l’entrepreneuriat social en France s’appelle Simplon. Simplon est une entreprise sociale et solidaire (agrément ESUS) qui utilise le numérique comme levier d’inclusion pour les personnes éloignées de l’emploi. Inspiré des bootcamps qui existent et fleurissent dans la Silicon Valley à San Francisco, Fréderic Bardeau et ses deux co-fondateurs ont décidé de créer une sorte de remake à la française, mais gratuit et plus inclusif.

Destinées aux femmes, aux personnes en situation de handicap, réfugiées, peu ou non diplômées, les formations Simplon sont certifiantes et ont pour but de favoriser un retour à l’emploi durable mais aussi d’augmenter la diversité dans les entreprises des secteurs du numérique et de casser la barrière du diplôme.

Avec 97 fabriques numériques inclusives dans le monde et 73% de sortie positive pour plus de 6000 alumni Simplon, le concept poursuit son développement. Un bel exemple d’une utilisation inclusive et durable du progrès technologique et de ce que le numérique a encore à nous offrir.

Heureusement, l’entrepreneuriat et l’innovation sociale commencent à se créer une place importante sur plusieurs secteurs. De l’intelligence artificielle au service de la médecine aux nombreuses innovations techniques de gestion et de réutilisation des déchets, les possibilités sont infinies.

Tout comme la portée de l’intelligence artificielle reste dépendante de l’homme, la manière dont nous souhaitons innover, utiliser l’intelligence qui nous a été donnée et notre conscience qui nous différencie des autres êtres vivants, pour un progrès utile et non pour un progrès finalement régressif, ne dépend que de nous. Il nous appartient de voir plus loin, plus grand, pour une innovation et un progrès plus inclusifs.

 


A travers ces Stories, Azickia vise à mettre en avant des initiatives à impact social, en France et dans le monde, et cela sans adhérer pour autant à toutes les opinions et actions mises en place par celles-ci. Il est et restera dans l’ADN d’Azickia de lutter contre toute forme de discrimination et de promouvoir l’égalité pour tous.